Quelle révolution de l’éducation en marche avec le pilotage de  Trump ?

5 FEVRIER 2025 - Au cours de sa campagne, Donald Trump a promis qu’il démantelerait le ministère de l’Education, pour deux raisons: économiser et donc alléger les impôts  fédéraux et enfin détruire un  nid « wokiste », favorable aux idées transgenre L.G.B.T.Q.

Le but est de rendre la compétence aux Etats, ainsi qu’un transfert aux autres agences. Il  a, par exemple, ajouté que le volet particulier de l’éducation des populations amérindiennes serait dévolu au département des affaires indiennes à Washington. Le microcosme médiatique de Washington fait état des démarches, au cours des derniers jours, de Elon Musk, afin de procéder à l’élagage des branches jugées inutiles du grand arbre de l’administration fédérale. La dernière fois qu’il a été question de fermer ce département, créé en 1979 par Carter ce fut sous l’ére Reagan et à ce propos, Musk commente sur le réseau X dont il est le propriétaire. « Reagan a fait campagne sur cette fermeture. Mais le département avait plus de salariés quand il a quitté la présidence que quand il a commencé son mandat.  C’est fini. President @realDonaldTrump va réussir."

La Maison Blanche, contacté par Newsweek, confirme qu’une action (executive action ) sera annoncée dans le courant du mois de février, mais qui ne sera vraissemblablement pas la fermeture du ministère. Cette dernière décision relève de la seule autorité du Congrès, lequel   est présenté comme étant très divisé sur le sujet.

Quelle dimension aura  cette révolution, si révolution il y a ?

Selon plusieurs sources médiatiques, il s’agira dans un premier  temps de « dégraisser le mammouth », licenciements de personnels  jugés inutiles ou politiquement opposés, selon le spoil system américain.

Pour la suite des évènements, Dana Goldstein, spécialiste des questions Education au sein du New York Times, relativise dans un article récent

Is It Possible for Trump to Shut the Department of Education? - The New York Times 

 

  • Les idées du Project 2025, plateforme programmatique conservatrice, ne seront pas toutes suivies par le président qui officiellement a déjà pris ses distances  (lire  )
  • Le financement du système dit K12 (connu sous l’appelation de Title I) jusqu’à la sortie du lycée /high school, déjà largement soutenu par les fonds des Etats, ou locaux ou privés) est employé par les établissements scolaires à des fins d’amélioration du système (par exemples pour réduire le nombre d’élèves par classe dans les quartiers défavorisés ou des mesures de tutoring ou des travailleurs sociaux).
  • L’argent fédéral est également utilisé pour soutenir les enfants porteurs d’un handicap. Pour conserver cette aide à l’éducation spécialisée, ainsi qu’à une forme d’équité (“donner plus à ceux qui ont moins”) les membres républicains au Congrès devront relayer les oppositions des leaders de la communauté éducative des Etats comme les superindentants (cf glossaire) « Les écoles dans les zones républicaines ont autant besoin de cette aide fédérale que les régions démocrates » écrit la journaliste.  
  • Un  désengagement du fédéral serait plus faisable et préjudiciable au niveau des colleges et universitaires, en post secondaire, secteur sur lequel toutes les administrations précédentes voulaient faire et ont fourni un effort pour augmenter le niveau de qualification des jeunes sur le marché du travail.  Plus de 70%  du budget annuel ( $224 milliards) est consacré à l'aide aux étudiants sous diverses formes  (federal student aid program.

 

LEGENDE Pourcentage de parents qui disent ^être très satisfaits de l'établissempent fréquenté par leurs enfants selon les catégoies d'école

Public traditionnel 39%  -  Religieux et paroissial: 70% -Distanciel public: 53%

Public charter: 50% - Privé/indépendant (charter ou non) ; 65% - Enseignemrent à la maison: 65% - Microschools: 54% -PublicMagnet: 52% Voir glossaire pour toutes ces catégories  50CAN.EducationOpportunitySurvey.pdf Octobre 2024 - 20 000 parents 50CAN and Edge Survey

 

 

Le Department of Education, par exemple, avait, au cours du mandat Biden, annulé la dette de 4, 75 millions étudiants qui avaient emprunté à l'Etat fédéral une somme globale de 167 milliards de dollars. 

Vive le local

En conclusion, un certain nombre de protagonistes, des deux camps,  n’est pas du tout hostile à la décentralisation à condition que ….le fédéral continue à financer. C’est le but du message sur X du Gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott  « C’est excellent. Allez-y. Démantelez et envoyez l’argent aux Etats”  Derrell Bradford, président de 50CAN, une ONG qui milite pour que les parents aient le choix des études et pas seulement dans le public, argumente. "Fermer le ministère ? Ca se discute. Mais une chose est- certaine: l'idée que les responsables locaux aient en charge l'éducation est très populaire aussi bien chez les parents républicains que démocrates"

Le fond du problème réside dans le degré  actuel d’insatisfaction parmi les parents suscitée par les performances du système traditionnel. L’Etat fédéral mais aussi les autorités des Etats et au local (les deux principaux pourvoyeurs actuels de financement ) sont mis au ban à des degrés divers, chacun se renvoyant la responsabilité. Les résultats des tests nationaux et internationaux sont jugés médiocres.

Des formules alternatives (cf croquis) sont considérées comme générant davantage l’adhésion des parents, mais divisent également. Exemple: les charters schools ont été  créées pour insuffler une compétition, elles sont privées (avec un certain contrôle de la pédagogie), ou publiques (avec des contrats d'objectifs et davantage d'argent si respectés) mais toutes financées par le fédéral ce qui suscite la colère de la communauté de l’enseignement public.

Quelles compétences de type pédagogique le fédéral va-t-il céder, en termes de process et de formation ? Comment les Etats et l’échelon local, les school boards, vont-ils récupérer et les adapter à leur réalité démographique ? Il est probable que dans un premier temps, des actions en justice vont défier les décisions de Washington.

Puis suivra sans doute une  cascade de réferendums locaux à l’échelle de chaque Etat ou ville qui vont redessiner le paysage éducatif comme c’est déjà le cas depuis plus d’un siècle (cf exemple )  DIRECT DEMOCRACY PART II - Éditeur - Webador