
Une priorité planétaire: hausser le pourcentage de diplômés du second cycle du secondaire
7 JANVIER 2025- Une étude de l'OCDE (2024) propose un tableau édifiant et tire une conclusion claire: "les adultes dont le niveau de formation est inférieur au second cycle de l'enseignement secondaire courent un risque considérable d'obtenir des résultats médiocres sur le plan social et sur le marché du travail tout au long de leur vie. C’est pourquoi, la réduction de la proportion de jeunes adultes sans diplôme du second cycle de l'enseignement secondaire a été une priorité dans de nombreux pays et cette proportion a diminué entre 2016 et 2023 dans 28 des 35 pays membres de l'OCDE. C'est également le cas en France, où la part des 25-34 ans sans diplôme du second cycle de l'enseignement secondaire est passée de 13 % en 2016 à 11 % en 2023. La moyenne de l'OCDE est passée de 17 % à 14 % au cours de la même période "

LEGENDE DU GRAPHIQUE/ La moyenne de l'OCDE est dérivée de la moyenne non pondérée de tous les pays disposant de données disponibles et comparables pour les deux années. Les pays sont classés par ordre décroissant de la part des 25-34 ans n'ayant pas atteint le second cycle de l'enseignement secondaire en 2023. Voir le tableau A1.2 pour les données. Pour plus d'informations, voir Regards sur l'éducation 2024 - Sources, méthodologies et notes techniques (https://doi.org/10.1787/e7d20315-en).
Les enquêteurs de l'OCDE tirent deux conclusions globale:
1. La situation difficile des travailleurs sans diplôme du second cycle de l'enseignement secondaire
sur le marché du travail se reflète dans les taux d'emploi des 25-34 ans. Ce fait est à relativiser selon les pays. La moyenne OCDE de ces non-diplômés ayant un emploi est de 61%. 79% des diplômés ont un travail. L'OCDE fait un focus sur la France (voir paragraphe suivant).
2. La part des 18-24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) est en diminution dans la plupart des pays membres de l'OCDE. Dans l'ensemble de l'OCDE, le taux moyen de NEET a diminué de 15,8 % à 13,8 % entre 2016 et 2023.
3. Le contexte familial est important avec encore un pourcentage supérieur de non-diplômés chez les jeunes 18-24 ans de milieu défavorisé, d'origine étrangère.
Le cas de la France
1. En France, seuls 54 % des 25-34 ans sans diplôme du second cycle de l'enseignement secondaire sont employés (la moyenne de l'OCDE est de 61 %), contre 78 % de ceux qui possèdent un tel diplôme (la moyenne de l'OCDE est de 79 %). On voit bien que l'écart est plus pénalisant en France qui se situe pourtant dans le premier tiers OCDE (voir tableau) du pourcentage des 25-34 diplômés (90% en 2023, en nette progression avec les données 2016)

2. En France, la part des NEET a diminué de 19,8 % à 16,1 % au cours de cette période. Ce taux reste pourtant supérieur à la moyenne OCDE
3. Le contexte familial est un poids difficile à porter dans le cas des familles d'origine étrangère. Il se caractérise selon une note de la DEEP, le service spécialisé dans les enquêtes et statitiques, par un retard dès l'entrée en 6e.
"À la rentrée 2022, en France métropolitaine et dans les DROM, 802 200 élèves sont entrés en sixième (hors Segpa et ULIS), dont 38 500 avec au moins un an de retard (4,8 %) (1). En dix-sept ans, il s’agit de la première
hausse annuelle du retard scolaire (de 0,6 point de pourcentage par rapport à 2021). Pour autant, sur le long terme, ce retard scolaire a fortement reculé : à la rentrée 2005, il concernait 17,2 % des effectifs."
- Les filles sont moins souvent en retard que les garçons (4,2 %, contre 5,4 %) (2).
- Les enfants d’inactifs sont beaucoup plus fréquemment en retard scolaire que les enfants d’enseignants (10,8 %, contre 1,2 %).
- Le retard à l’entrée en sixième des élèves est moindre dans les académies de Grenoble, Bordeaux (3,5 % chacune) et Paris (3,6 %), mais plus élevé dans
les académies d’Aix-Marseille (6,1 %), de Corse (6,3 %) et d’Orléans-Tours (6,5 %). Dans les DROM, les taux de retard sont les plus élevés en Guadeloupe (6,6 %) et surtout en Guyane (10,1 %) .
- Ces données géographiques moyennes sont à nuancer en fonction des quartiers défavorisés plus ou moins nombreux selon les espaces urbains ou ruraux dans certains cas. En effet, parmi les élèves entrant en sixième à la rentrée 2022, 7,4 % de ceux qui étaient scolarisés à la rentrée 2021 dans une école publique appartenant à un réseau d’éducation prioritaire REP ou REP+ sont en retard contre 4,3 % de ceux issus d’une école publique en dehors de ces réseaux.
Webographie et Bibliographie
file:///C:/Users/phili/Downloads/c00cad36-en.pdf
OCDE Regards sur l'Education 2024 8c196d74-fr.pdf
DEPP (2023), Repères et références statistiques, p.78-79,
https://www.education.gouv.fr/reperes-et-references-statistiques-2023-378608.
- Caille J.-P., Rosenwald F., « Les inégalités de réussite à l’école
élémentaire : construction et évolution », France Portrait
Social, Insee, édition 2006.
- Géographie de l’École, 2021, « Les inégalités sociales
de compétences », indicateur 28.